Certains arbres sont remarquables. Ce qualificatif est choisi parce que ces spécimens arboricoles fascinent, car ils sont alors imposants, gigantesques ou majestueux. La Fédération des producteurs forestiers du Québec en recense des milliers. Certains de ces arbres peuvent être âgés, et alors, ils sont en plus riches en histoire. Au Québec, le peuplier deltoïde ou le baumier, le thuya occidental, l’orme liège, l’érable noir, le pin blanc ou le bouleau à papier n’en sont que quelques exemples. La remarquabilité d’arbres est valorisée au point de faire l’objet d’un pointage selon des règles internationales reconnues.  

 

Forcément, advenant que des circonstances l’imposent, l’abattage arbre serait crève-cœur. D’autant que les arbres fournissent de nombreux services aux êtres vivants.  

Ainsi, un arbre constitue un habitat pour de nombreux animaux. Leurs cavités, les poches sous l’écorce, des branches importantes mortes, des fissures, même des coulées de sève ou la pourriture… représentent autant de microhabitats pour plusieurs membres de la faune. Notamment, des oiseaux et des insectes nichent dans leurs cavités. 

Les paysages représentent un patrimoine précieux trop peu protégé. La diversité des essences arborées en faisant partie dispense des services écosystémiques (dont la biodiversité) et écologiques (corridors écologiques d’animaux, stockage de carbone, élimination des polluants atmosphériques, filtration d’eau, protection anti-érosion des sols…). Même quand on transforme du bois en mobilier, ce dernier continue de stocker du carbone! Les paysages confèrent également un plaisir accru aux regards, étant de véritables tableaux dépeints à perte de vue. 

Voilà qui introduit les services procurés par les arbres aux humains. La présence des grands végétaux en ville participe à la lutte aux îlots de chaleur grâce à leurs propriétés rafraîchissantes. Même morts, ils fournissent du bois de chauffage, permettent de construire des biens à usage quotidien. Leur bois est même récupéré à petite échelle pour être recyclé et traité, inspirant ensuite des pièces uniques artistiques, voire également pratiques, de toute beauté. Ils contribuent en outre à aménager des cadres de vie où il fait bon se rassembler ou se détendre. Fréquenter les sentiers de boisés, contempler des paysages ou passer du temps chez soi dans un aménagement paysager préviennent des maux ou ont des impacts positifs sur la santé, entre autres bienfaits. De plus en plus d’études s’intéressent à caractériser les effets psychologiques, sociaux et physiques positifs des arbres ou de la nature en général. 

Nous avons probablement du chemin à parcourir encore avant d’être pleinement conscients de la vastitude des générosités que les arbres nous apportent. Et surtout, pour savoir composer respectueusement avec eux dans nos pratiques humaines, dont l’aménagement d’espaces de vie (villes et propriétés); c’est-à-dire en tenant compte de leur bien-être. Même la grimpe aux arbres encadrée suscite l’attention en termes de protection des végétaux durant cette activité. Nous gagnerons à apprendre à mieux connaître les spécimens arboricoles. Ainsi, ils pratiqueraient entre eux une communication coopérative ou d’entraide par l’intermédiaire de leurs racines. Bien que cette fonction n’ait peut-être pas le caractère mythique ou romanesque que nous voudrions qu’elle revête! Reste que les arbres sont essentiels dans nos vies et nous en prenons de plus en plus conscience.